Le commencement

Le commencement
Chapitre 1
Après une année scolaire excellente avec monsieur D. (19 de moyenne à la fin), je décidai rester chez moi en ayant conscience que, dehors, le monde s'émerveillait grâce au soleil revenu à l'occasion. J'avais quitté K., Cl., et les autres il y a quelques heures, pour 2 mois, le temps de me ressourcer dans mon pays d'origine, le temps de savoir réellement ce qu'était une vie à 2 500 km d'ici. Je partis avec mon père, ma mère et mon frère. Ah que c'était bien ! Le soleil, 2 mois à se la couler douce, et surtout à ne rien faire ! C'était ma 3ème religion, mon 3ème hobby pour l'instant.
2 mois s'écoulèrent, la rentrée approche. J'aurai dans ma classe les mêmes élèves, et une maîtresse différente : madame C. Je l'aimai bien. C'était une bonne maîtresse : elle écoutait tout le monde, ... bref, une maîtresse sympa ! Les cahiers sont fournis par l'école, ce qui permet un meilleur fonctionnement. Je retrouve mon Nord adoré, la douceur de vivre avec les Ch'timis...
Jour J ! Rentrée ! Je m'étais levé super tôt : 5h30 du matin. D'ailleurs, je me demande encore pourquoi je me suis levé à cette heure-ci. Bref, je m'étais levé très tôt. Je vis mon père. Je faisais les choses habituelles et, soudainement, dans une effervescence singulière, je me figeai. 1 seconde, 2 secondes, 3 secondes ! OH ! Ca faisais long, mais c'était pour moi si court. Un éclair ! Je m'évanouis ! Un sentiment de stupeur s'empare de la salle, une messe s'entretint silencieusement. Mon père, en catastrophe, vint.
Je me réveilla. Plus léger que l'air, plus souple que l'élastique, plus défoncé que Doc Gynéco. Je planais. C'était la 1ère fois que je planais, et ça m'a réussi : je ne sentais plus rien, plus rien, moins que rien. On m'offrit à boire, de quoi rester calme et faire mon "requiem in pace". Une fourgonnette rouge comme le téléphone vis-je. Et défoncé comme je l'étais, ça ne m'étonnait pas.
On m'embarquait, tel un délinquant ayant volé une sucette. On m'envoie directement en urgences et ... quelle heure était-il ? 8h30, le début des cours à l'école. Mes camarades étaient en train de faire connaissance avec le savoir et le fonctionnement du programme scolaire, alors que moi je devais me contenter que de regarder par la fenêtre si Dunkerque était toujours ce qu'elle était : historique, belle, et sobre...
# Posté le dimanche 18 juin 2006 16:19

L'établissement

L'établissement
Chapitre 2
Je me dis encore si j'aurais mieux fait de m'exiler ou pas. Un déliquant, je ne suis qu'un délinquant. On m'interroge comme un fou, 1 heure d'entretien par jour au moins. Je suis aux petits soins : pamponné, dorloté, voire même amusé. Tout était rigueur pour que je sois joyeux avec les messieurs et les madames. Un jour, le verdict tomba. Jugement incurable. Une sorte de Code Dalloz-Damoclès est tombée sur moi. Je n'intervins pas tout de suite. Je fus encore sous le choc. A mon âge, on rêve de tout, et voilà qu'on me dit que je ne suis plus une personne lambda, mais une personne exceptionnelle, mais tellement commune. On m' incarcère. Toujours la même cuisine, toujours les mêmes rondes, toujours le même babyfoot, toujours la même visite... Tout est sous contrôle Big Brother ! Je reçois mes soins essentielles, mais toujours le même isolement. Heureusement, j'ai rencontré quelqu'un, une fille, je me rappelle encore qu'elle s'appelait Solène. Elle était là pour des faits banals, elle disait : "T'inquiètes pas ! On va me relâcher dans quelques jours !". Je l'aimais bien, à vrai dire, il fallait bien se côtoyer. Sa mère était là la première fois. Elle m'a proposé de jouer au fameux "Uno" célèbre à l'époque, on y a joué avec fierté, oubliant les barreaux et autres idées. "Trucmuche", célèbre jeu en ces années-là, on y a joué aussi, mais je n'étais pas le plus fort. En tout cas, j'en ai gardé de bons souvenirs. Je me demande s'il n'y avait pas à l'époque une surpopulation carcérale. Parce que se faire emprisonner quelques joursà quelques semaines, ça rend le nombre de prisonniers très grand ! Quoiqu'il en soit, je restais toujours dans le même aile est pendant une semaine, le temps de réapprendre à mon inconscient la morale, et le fonctionnement de son moi. Il y avait un nombre fou de gardiens de la paix, une dizaine pour, au plus, 40 délinquants. Heureusement, nous, délinquants d'une décade de jours, avions le droit aux activités ludiques telles que les jeux vidéos, les jeux de société, et autres. Une semaine s'écoula, et je puis enfin retrouver la liberté...
# Posté le dimanche 18 juin 2006 16:39
Modifié le lundi 09 juillet 2007 10:33

La liberté conditionnelle

La liberté conditionnelle
Chapitre 3
Sorti ! Libre ! Enfin je pouvais gambader librement dans ma ville, regarder les gens, regarder la belle vie qui passait son temps ici et là. Quelle vie ! Mais cela ne fut pas très long. On m'avait dit à la maison d'arrêt que je suis en liberté conditionnelle. Conditionnelle ! Je me voyais encore fréquenter cet établissement vu que, comme disent tous les ministres de l'Intérieur-Kärcher : "Les délinquants resteront délinquants !". Et les gens te maudissaient chaque fois que tu passais derrière eux. Mais au fond ? GS n'était pas Chicago non plus. C'est pour ça que j'aimais GS, on vivait pépère chez soi, on connaissait tout le monde, ... Un bon petit coin tranquille avec son lot de malheurs et de bonheurs.
J'ai failli repiquer ! Tellement peur qu'on me reprenne que j'ai failli faire une autre gaffe. Je suis rentré dans l'école, tranquillement. Je retrouvai mes amis, et je vis que ma fièvre commençait à s'emmerger. Je me contrôlai de plus en plus, alors que mon envie de tout fraquasser était grandissante. Heureusement, après plusieurs accoups et quelques frayeurs, j'ai su me maitrîser. J'ai senti, pendant cet instant, que mon corps se rebellait, il se débattait avec une force telle. Mon cerveau allait se déconnecter. C'était comme la 1ère fois (cf chapitre 1), je ressentais que l'avion allait décoller et que j'allais planer. Ca s'est passé en 2-3 secondes, mais elles étaient les plus longues de ma vie ! En tout cas, la police était passée juste à côté de l'école, et heureusement, je me suis calmé net.
Après quelques jours de dures souffrances - il faut bien se rendre à l'évidence -, j'ai été embarqué...
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# Posté le samedi 24 juin 2006 09:52

Infraction réitérée

Infraction réitérée
Chapitre 4
Oui, embarqué ! Encore une fois ! Cette fois-ci, c'était à l'école. L'acte s'est réalisé à l'étage, devant ma maîtresse. Je ne pense pas que c'était mon envie, mais faire du vandalisme devant sa maîtresse, alors que les camarades te regardent, faut être kamikaze pour le faire. Ceci étant que je l'ai quand même fait ! Je me demande par quelle folie meurtrière j'ai eu l'idée de faire ça ; comme quoi je réfléchis trop. Je m'apprêtais à me ranger dans le rang, tel un soldat attendant le "Repos" du sergent-chef, quand... quand l'éclair de la délinquance me tape sur les nerfs. Un matin en plus ! Et ça sera toujours comme ça, un matin. Pendant environ 15 secondes, mon acte paraissait de plus en plus sordide, machiavélique et sanglant. 15 minutes, 30 minutes, 1 heure m'a fait comprendre le grand mal que j'ai fait. Le directeur de l'école était là, ainsi que mon père. Ouf ! Ils n'ont pas appelé les flics !
Me voilà chez moi, après une minute de marche avec mon père depuis l'école. Mon père tente de me calmer, mais je suis déjà endormi. J'ai fait une très belle infraction. Mon père a invité un ami-détective privé pour qu'il le conseille. Après 20 minutes d'entretien, le voisin m'a cafeté et mon père était obligé de me ramener à la maison d'arrêt.
Ce qu'il y a de bien, c'est qu'on sait déjà dans quel geôle où on va...
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# Posté le lundi 05 mars 2007 09:32

Evasion

Evasion
Chapitre 5
Tout délinquant que ce soit doit un jour se dire que sa carrière doit prendre un tournant : attendre platement son procès et tout avouer, comme un chien en pleurs, ou, provoquer des échauffourées pour se libérer et re-tester ce monde. J'ai choisi après 1 journée et demie d'emprisonnement pour récidives. Il faut vous dire avant une chose, l'étage réservé à la délinquance infantile ressemble à un carré avec un sorte de patio au centre, assez volumineux. Un patio qui est plutôt semblable à un trou à vrai dire, et en bas, au rez-de-chaussée, la liberté assurée : une porte menant à l'extérieur. Mais 2 choses compliquent l'affaire : 1. il y a toujours un policier présent au RDC (c'est plus rapide :P) pour accueillir les visiteurs ; 2. entre mon étage et le RDC, il y a 8 étages : grossomodo 20 mètres. Un enfant ne peut pas survivre d'une telle chute. Mais, je ne sais pas si c'est Dieu ou si c'est Einstein, j'ai sauté. J'ai pris quand même quelques précautions : rédiger un testament à l'âge de 8 ans, c'est comme avoir des enfants à 60 ans, c'est impossible aux yeux de tout le monde (et c'est vrai), mais ça peut être réalisable. Je me suis ensuite muni d'une couverture rembourrée. Quand ces 2 tâches étaient finies, je suis allé voir de moi-même si la gravité était si majestueuse, et si dangereuse qu'on le disait. Eh bien non, mais qu'est-ce que j'ai eu de la chance ! Pas de garde aujourd'hui, apparemment, à ce que j'ai pu entendre, il aurait été malade : un coup de froid... La couverte rembourrée et la position du chien m'ont aidé à survivre, malgré quelques bleus. Personne m'attendait, j'ai donc pris la porte, pour observer si, en dessous de celle-ci, il y avait toujours la clef.
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# Posté le vendredi 06 avril 2007 15:52

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