« Retour au blog de gentilpersonnage

L'établissement

L'établissement
Chapitre 2
Je me dis encore si j'aurais mieux fait de m'exiler ou pas. Un déliquant, je ne suis qu'un délinquant. On m'interroge comme un fou, 1 heure d'entretien par jour au moins. Je suis aux petits soins : pamponné, dorloté, voire même amusé. Tout était rigueur pour que je sois joyeux avec les messieurs et les madames. Un jour, le verdict tomba. Jugement incurable. Une sorte de Code Dalloz-Damoclès est tombée sur moi. Je n'intervins pas tout de suite. Je fus encore sous le choc. A mon âge, on rêve de tout, et voilà qu'on me dit que je ne suis plus une personne lambda, mais une personne exceptionnelle, mais tellement commune. On m' incarcère. Toujours la même cuisine, toujours les mêmes rondes, toujours le même babyfoot, toujours la même visite... Tout est sous contrôle Big Brother ! Je reçois mes soins essentielles, mais toujours le même isolement. Heureusement, j'ai rencontré quelqu'un, une fille, je me rappelle encore qu'elle s'appelait Solène. Elle était là pour des faits banals, elle disait : "T'inquiètes pas ! On va me relâcher dans quelques jours !". Je l'aimais bien, à vrai dire, il fallait bien se côtoyer. Sa mère était là la première fois. Elle m'a proposé de jouer au fameux "Uno" célèbre à l'époque, on y a joué avec fierté, oubliant les barreaux et autres idées. "Trucmuche", célèbre jeu en ces années-là, on y a joué aussi, mais je n'étais pas le plus fort. En tout cas, j'en ai gardé de bons souvenirs. Je me demande s'il n'y avait pas à l'époque une surpopulation carcérale. Parce que se faire emprisonner quelques joursà quelques semaines, ça rend le nombre de prisonniers très grand ! Quoiqu'il en soit, je restais toujours dans le même aile est pendant une semaine, le temps de réapprendre à mon inconscient la morale, et le fonctionnement de son moi. Il y avait un nombre fou de gardiens de la paix, une dizaine pour, au plus, 40 délinquants. Heureusement, nous, délinquants d'une décade de jours, avions le droit aux activités ludiques telles que les jeux vidéos, les jeux de société, et autres. Une semaine s'écoula, et je puis enfin retrouver la liberté...
# Posté le dimanche 18 juin 2006 16:39
Modifié le lundi 09 juillet 2007 10:33

« Article précédent : Le commencement

Article suivant : La liberté conditionnelle »